Au fil de la Boyer, journal communautaire de St-Charles-de-Bellechasse

 

Cette page ne présente  que les principaux articles du numéro publié. Les liens hypertextes renvoient au texte plus bas et les flèches permettent de revenir au sommaire. Pour accéder au document original intégral en format PDF, cliquez sur l'image miniature de la page frontispice.

Volume 21, numéro 7, septembre 2007

SOMMAIRE

Au tour de Promutuel de quitter St-Charles
Le lac St-Charles contaminé aux algues bleues
Éditorial : Un changement de cap s’impose
Moins de jeunes plus de personnes âgées
Des citoyens s’interrogent
Mais où sont passées les bonnes odeurs
Une bibliothèque pas comme les autres
GIRB Rentrée 2007
Un livre magnifique sur notre coin de pays
Laissez-vous fasciner par l’art
Que de mots que de textes (suite)
Trouvez-moi un nom
Les résidents des lacs, des citoyens négligés
La glacière ensablée
Le plaisir de lire
Bibliothèque Jacques Labrie
Internet
Reboisement des beRges de la rivière Boyer
Des citoyens nous parlent
Loisirs : Programmation d’automne

PAR PIERRE LEFEBVRE

Après la fermeture de sa boulangerie artisanale, de son épicerie centrale et de sa boucherie renommée, Saint-Charles-de-Bellechasse perd maintenant sa succursale de Promutuel Bellechasse, les deux emplois qui s’y rattachent et les retombées économiques inhérentes. Les deux employées en poste seront affectées au bureau chef de St-Gervais à la mi-septembre et l’immeuble du 21 rue Commerciale sera mis en vente.

Le président de la société mutuelle d’assurances, M. Gilles Langevin, a confirmé au journal Au fil de La Boyer que l’entreprise complétera cet automne sa vaste opération de rationalisation déjà annoncée. Trois bureaux auront alors été fermés à Beaumont, Honfleur et St-Charles et deux nouveaux immeubles auront été construits à St-Michel et St-Raphaël, au coût de 400 000$ chacun. Ces deux nouvelles constructions ont été choisies en fonction de la répartition de la clientèle; elles accueilleront cinq employés chacune. Les succursales de St-Damien et de Ste-Justine seront opérées par des employés réguliers de la société, dans des locaux loués.

On se rappellera que Promutuel Bellechasse avait acheté les bureaux du courtier Stéphane Millaire en 2006 et pris à sa charge les deux personnes qui y travaillaient. Comme le bureau chef disposait d’espaces à bureaux vacants pour accueillir les deux employées de St-Charles, elles y sont transférées; les clients pourront désormais traiter leur dossier à n’importe lequel des cinq bureaux de la société.

Promutuel Bellechasse est l’une des 32 sociétés du genre au Québec, lesquelles forment le quatrième plus gros groupe dans le secteur des assurances. Avec ses 16 000 membres recrutés dans 17 paroisses, elle affiche un taux de pénétration de 65% du marché de l’assurance générale. En affaires depuis 105 ans, la société compte au total quelque 12 millions $ en primes souscrites. Elle fournit du travail à 35 personnes. Son développement ne semble pas tarir car elle offre désormais des services financiers et compte bien étendre son territoire pour recruter de nouveaux membres.

Cette possibilité semble bien rapprochée car les demandes de détachement de la Fédération des Promutuel du Québec par les Promutuel Dorchester et Lévisienne Orléans ouvrent la porte au maraudage, qui était limité à 5% jusqu’à tout récemment. Bien que l’Autorité des marchés financiers n’ait pas encore sanctionné ce schisme, les sociétés Promutuel Beauce, Bellechasse et Lotbinière comptent bien s’étendre chez leurs voisins et s’y attaquent ouvertement. Le président Langevin considère la situation comme très incertaine en attendant une décision officielle; il ne cache toutefois pas son enthousiasme à l’idée de pouvoir éventuellement recruter de nouveaux membres à l’ouest du territoire.

Perdante dans cette rationalisation, St-Charles aurait peut-être intérêt à tenter d’accueillir dans ses murs une éventuelle succursale de Promutuel Lévisienne Orléans. Comme dit si bien l’adage, qui va à la chasse, perd sa place… même dans Bellechasse!

PAR BASTIEN LAFLAMME

Lors de la session du conseil municipal du 6 août, monsieur le maire a dit avoir reçu un avis du ministère de l’environnement confirmant la présence d’une quantité importante d’algues bleues au lac St-Charles. À cette date, il était toutefois encore trop tôt pour établir la toxicité de ces algues.

Selon le maire et le directeur général, les informations que la municipalité détient sont à l’effet que les installations sanitaires sont conformes aux normes gouvernementales et qu’elles ne seraient pas en cause mais que les engrais utilisés pour la fertilisation des gazons dans les années passées seraient probablement responsables, du moins en partie, de l’apparition des algues bleues.

Des résidents présents ont cependant remis en doute la conformité des installations sanitaires et le respect des normes au niveau des fosses septiques de quelques propriétés. Certaines fosses n’auraient pas été vidangées depuis bon nombre d’années alors que d’autres propriétés n’en auraient même pas.

De plus, un chemin aurait été construit sans autorisation, ce qui a eu pour effet d’isoler le lac d’un milieu humide important. À ce niveau, toutefois, le maire a indiqué que les plaintes doivent être adressées au ministère de l’environnement qui est responsable du respect de la réglementation. Un rapport commandé par la municipalité et réalisé par le groupe Hémisphère recommandait d’ailleurs que ce secteur soit remis dans son état original afin de préserver le lien entre le milieu humide et le lac.

Les membres du conseil ont indiqué aux citoyens présents qu’ils suivaient, tout comme le ministère de l’environnement, ce qui se déroulait au lac Dion à St-Damien avec intérêt. À l’initiative des résidants, la municipalité a adopté un règlement faisant en sorte que l’accès et le contrôle des fosses septiques sont maintenant réservés exclusivement à l’entreprise qui en fait les vidanges.

Enfin, à l’initiative du conseil et des résidants présents, il a été convenu qu’une rencontre entre le conseil et les résidants du lac aura lieu le 10 septembre à 19 h 30 à l’aréna.



Éditorial
PAR PIERRE LEFEBVRE

MaRginalisation des résidants des lacs

Un changement de cap s’impose

PAR PIERRE LEFEBVRE

Le dossier sur les résidants du lac Saint-Charles, présenté dans les pages centrales de ce numéro, permet de mieux comprendre pourquoi la situation qu’ils subissent est devenue intolérable et commande des réformes à court terme. Pour opérer un tel changement de cap, une grande ouverture de tous les intervenants concernés s’impose.

De prime abord, il ne convient ni de minimiser la situation, ni d’identifier des coupables. L’heure est à l’action plutôt qu’aux faux-fuyants ou à la langue de bois. Nous sommes devant un cas dont les issues nécessitent autant des décisions à caractère politique, que la bonne volonté des premières personnes concernées, les résidants du lac eux-mêmes. Un dialogue a toujours existé avec l’administration municipale et il reprend entre les deux associations de propriétaires; il n’a toutefois jamais débouché sur des résultats durables à cause d’un blocage sur les positions des parties.

Il faudrait enfin reconnaître que les problèmes liés aux infrastructures viennent du fait que celles-ci sont entre les mauvaises mains. Quand des chemins, un barrage et un réseau d’éclairage appartiennent à des intérêts privés, il s’avère difficile de les gérer au bénéfice de toute la population. Seule la municipalité peut exercer ces fonctions de gestion au profit de la communauté. Leur municipalisation apparaît donc comme une priorité incontournable. Si ces équipements ne répondent pas aux normes d’aujourd’hui, il faudra prendre le temps pour les améliorer graduellement. Une décennie devrait suffire pour y arriver. Il serait exagéré d’en demander la mise aux normes comme condition préalable à leur prise en charge. Quant au financement, n’oublions pas que les municipalités existent autant pour donner des avantages collectifs aux citoyens que pour mutualiser les risques et les gros investissements.

Le problème de l’accès au lac doit aussi être pris en charge par les pouvoirs publics. Il n’est pas raisonnable de laisser un groupe de citoyens se débattre avec un chemin d’accès à construire. La municipalité possède l’expertise en matière de voirie afin d’éliminer l’obligation d’utiliser les traverses à niveau privées; elle dispose aussi de moyens plus équitables pour en assurer le financement.

L’autre volet auquel doit s’attaquer la municipalité est la normalisation de la qualité des services dispensés aux citoyens du lac. L’entretien des routes, leur déneigement et la cueillette des ordures ménagères doivent s’y faire comme dans le reste de la municipalité ou mieux encore, d’une manière adaptée aux besoins spécifiques des villégiateurs. Les résidants pourraient enfin voir à l’œuvre près de chez eux la machinerie municipale dont ils paient une partie de l’opération, mais sans en profiter. Il serait exagéré par ailleurs de prétendre que les véhicules de service pourraient menacer l’intégrité du réseau routier. Pourquoi ne pas prendre rapidement en charge l’ensemble des opérations de vidange des installations septiques comme l’exige la situation, au lieu de laisser les propriétaires se débrouiller avec les trois quarts du problème?

La situation la plus délicate à résoudre reste celle reliée à la qualité de l’eau du lac. Si la municipalité est interpellée pour faire preuve d’une plus grande rigueur dans l’application des règlements, les résidants eux-mêmes devront adopter un comportement irréprochable en matière de protection de l’environnement. On ne peut que se réjouir de l’initiative des personnes qui se sont donné comme mission d’inciter les riverains à protéger leur lac et le sauver d’une dégradation qui se poursuit depuis trop longtemps; pensons au bulletin intitulé « Le canard du coin-coin » et aux 1 500$ déboursés par un groupe de propriétaires ce printemps pour reboiser les rives. Ces citoyens engagés commencent à donner l’exemple sur leur propre terrain en y réalisant des aménagements exemplaires. Il faut les appuyer afin d’augmenter la cadence de leurs actions!

Les groupes de propriétaires se devront aussi d’unifier leurs structures et faire disparaître les barrières qui les séparent, même au sens physique. Ils devront établir des consensus sur les actions à mettre en œuvre pour sauver leur lac. Au besoin, ils devront encourager la municipalité à assumer ses responsabilités et exercer ses prérogatives, comme ce fut le cas à St-Damien avec le Comité pour la restauration du lac Dion. S’il faut resserrer les règlements pour contrôler les dégâts occasionnés par le déversement des eaux usées, tous les citoyens devront collaborer à l’atteinte des objectifs. Si au surplus, il devient évident que l’utilisation des embarcations se révèle préjudiciable à la qualité de l’eau, il faudra alors, à défaut d’un consensus, limiter l’utilisation des moteurs par voie réglementaire.

La tâche pour sauver le lac et normaliser la situation des résidants est colossale. Il faut s’y attaquer maintenant dans le cadre d’une démarche planifiée, en collaboration étroite avec tous les intervenants. Plus que jamais les citoyens concernés devront être associés étroitement à cette action. Du côté municipal, les belles paroles ou les retraits stratégiques ne sont plus d’actualité; des gestes concrets s’imposent dans les meilleurs délais.

PAR PIERRE LEFEBVRE

En mars dernier, Statistiques Canada révélait que la population de St-Charles avait diminué de 3,5% entre 2001 et 2006, pour atteindre 2 160 personnes.

De nouvelles données sur l’âge et le sexe des résidents ont été diffusées le 17 juillet dernier. On sait maintenant qu’en 2006, les femmes étaient toujours plus nombreuses que les hommes, avec 52,3% de la population, soit 1,3% de plus qu’en 1996 et 1,8% de plus qu’en 2001. Cette situation est particulièrement évidente dans les classes d’âge de 30 à 39 ans et de 70 ans et plus. Les hommes entre 40 et 49 ans sont toutefois plus nombreux.

Le plus dramatique est la diminution du nombre de jeunes de 0 à 4 ans (-21%) et de 5 à 14 ans (-17,6%) entre 2001 et 2006. Par rapport au recensement de 1996, ces réductions surprennent davantage : 0 à 4 ans, en baisse de 34,5% et pour les 5 à 14 ans, 18,8% en moins. Ces données signifient moins de participants à la garderie, moins d’élèves au primaire et d’ici 5 ans, moins de jeune main-d'œuvre disponible, notamment pour les travaux à la ferme. Toutefois, le nombre de jeunes en âge de fréquenter l’école secondaire et le CEGEP reste stable depuis une décennie, soit environ 170 pour les personnes âgées de 15 à 19 ans. On constate aussi que les jeunes adultes de 20 à 24 ans sont sous représentés, signe qu’ils désertent massivement la communauté pour trouver un travail ailleurs.

Le vieillissement de la population entraînera de son côté une croissance de la demande pour de petits logements et pour des services aux personnes aînées. On compte maintenant 195 citoyens âgés de plus de 75 ans, comparativement à 145 en 2001 et à 130 en 1996.

Alors que la majorité des municipalités avoisinantes connaissent une croissance de leur population, notamment chez les jeunes ménages qui y construisent de nouvelles résidences, il faut se questionner sérieusement sur l’efficacité de nos facteurs d’attraction; St-Charles se situe pourtant à proximité de deux grandes agglomérations dont la population continue de déborder en périphérie.

 

La protection du patrimoine
PAR BASTIEN LAFLAMME

Lors de la session du conseil municipal du 3 juillet dernier, des citoyennes présentes ont soulevé la question de l’absence de réglementation quant à la protection du patrimoine et de plan d’intégration architectural dans notre municipalité.

C’est en effet suite à la démolition d’une maison à valeur patrimoniale sur l’avenue Royale que des citoyennes sont venues exprimer leurs inquiétudes et leur désarroi face à la situation qui prévaut actuellement à St-Charles. Monsieur le maire a toutefois indiqué que l’état de l’édifice en question rendait toute rénovation quasi impossible.

Le directeur général, Denis Labbé, a pour sa part fait état du fait que ce questionnement a régulièrement refait surface au cours des vingt-cinq dernières années mais que la municipalité n’était jamais allée de l’avant avec une telle réglementation à cause du nombre élevé de citoyens qui s’y sont toujours opposés. Les coûts élevés de rénovation qu’entraîneraient de tels règlements semblent, toujours d’après monsieur Labbé, être la principale cause de la situation actuelle. Certaines citoyennes présentes ont fait remarquer que les valeurs patrimoniales et historiques sont nombreuses dans notre municipalité et que leur protection devrait être prise en considération. De plus, des questions ont été soulevées quant à ce qui semblait être pour certains l’absence d’un véritable plan d’urbanisme. Des membres du conseil faisant partie du comité d’urbanisme ont dit comprendre la problématique et se sont vus offrir la collaboration de citoyennes présentes. Il s’agit donc de dossiers à suivre au cours des prochains mois, le dernier étant lié en partie au résultat du référendum de septembre.

 

PAR PIERRE LEFEBVRE

Il fut un temps où la période des foins rimait avec la bonne odeur de fourrage qui se dégage des champs fraîchement fauchés. De nos jours, la réalité est tout autre.

Une bonne proportion des récoltes est désormais effectuée soit en grosses balles rondes, soit en ensilage, ce qui laisse un petit volume de foin sec pour engendrer les bonnes odeurs d’antan.

Une autre facette de la réalité vient du fait que la période des foins est plus que jamais synonyme d’odeurs de fumier qui envahissent le territoire. De nouvelles sessions d’épandage du fumier solide ou liquide suivent de près chaque récolte de foin. Les mauvaises odeurs sont alors plus perceptibles car les citoyens passent plus de temps dehors, ouvrent largement leurs fenêtres et participent à plusieurs activités familiales ou de groupe à l’occasion de la Fête nationale, de la fête du Canada ou des fins de semaine.

À St-Charles, les agriculteurs ont été invités à ménager leurs voisins lors des fins de semaine d’été. En pleine période de canicule, il est plutôt difficile d’accepter de s’enfermer dans sa maison pour fuir les mauvaises odeurs. Pour le bénéfice de tous, ne serait-il pas mieux de clarifier les règles une fois pour toutes et de les faire connaître à l’ensemble des citoyens, plutôt que de miser sur la bonne volonté? Selon la loi, les gens ont droit à une douzaine de journées de répit; l’idéal serait que la municipalité établisse les dates prioritaires en concertation avec les agriculteurs et la population.

Un sondage effectué sur le site Internet du journal Au fil de La Boyer démontre que 60% des répondants souhaitent une réglementation municipale explicite à ce sujet. Lorsque chacun connaîtra bien ses droits, les conflits seront d’autant minimisés car on respectera aussi les prérogatives de chacun.

Si cette approche ne donne pas des résultats satisfaisants, les producteurs pourraient tenter de mieux planifier leurs épandages par secteur et ainsi réduire le nombre de jours où « ça sent mauvais ».

PAR MARCEL PLOUFFE

Parmi une quinzaine de municipalités de même taille des régions de la Capitale-nationale et de Chaudière-Appalaches, la Bibliothèque Jacques Labrie se classe première pour le nombre de volumes prêtés aux adultes et aux enfants, troisième pour le nombre d’abonnés et cinquième pour le nombre d’activités d’animation et de promotion. Chaque abonné de St-Charles lit près de 40 livres par année, soit la moyenne la plus élevée, avec un total de 20 000 prêts annuellement. C’est ce qui fait dire à la permanente Chantal Bellavance : « Les paroisses environnantes trouvent que notre bibliothèque fonctionne vraiment bien ».

Depuis cinq ans, Mme Bellavance travaille vingt heures par semaine à la bibliothèque Jacques Labrie. Le jour, le soir, elle accueille les abonnés, les conseille, commande et classe les documents, en fait venir sur demande de différentes bibliothèques, etc. Ce poste était occupé auparavant par Mme Micheline Bélanger.

Pour offrir les différents services et activités, la bibliothèque reçoit aussi l’aide de la responsable, Mme Manon Larochelle (bénévole), d’une comptable, Mme Cindy Auger, (bénévole), d’un conseil d’administration de douze personnes, sans oublier plus de vingt bénévoles qui accueillent les abonnés, prêtent, réparent et couvrent les livres, en plus de placer sur les tablettes les diverses collections (romans, livres documentaires, revues, bandes dessinées, livres pour enfants et documents audio-visuels et audio-vidéo).

Trois fois par année, quelque 700 à 800 nouveaux documents se retrouvent sur les étagères, grâce à un système de rotation et d’échange piloté par le Réseau Biblio, ce qui permet de renouveler le contenu des collections et de satisfaire la demande des abonnés. L’été s’avère la saison la plus effervescente de l’année car la télévision semble prendre le relais l’hiver. Les romans et les livres sur la psychologie ont la préférence, bien que le nombre de romans historiques augmente. Depuis quelque temps, une nouvelle section de documents soulève beaucoup d’intérêt, soit ces «grands» volumes consacrés aux anniversaires de fondation des municipalités environnantes : 75e, 100e, 125e, etc.

Notre bibliothèque compte parmi les rares à consacrer une section spéciale pour les tout-petits. De plus, trois ordinateurs sont à la disposition des abonnés : deux postes servent à la recherche de documents dans le Réseau Biblio et l’autre, pour la modique somme de 1$, permet de voyager sur Internet.

Le Conseil municipal contribue au succès de cet organisme culturel en appuyant les projets venant du conseil d’administration et en fournissant une aide financière annuelle pour l’achat de livres, les salaires, la conciergerie et la cotisation au Réseau Biblio. Plusieurs autres organismes ou personnes font des contributions comme l’École de l’Étincelle qui donne 2 000$, sans compter des volumes, la caisse populaire, avec un don de 1 000$ pour acheter des livres de grande valeur, et même l’ancienne députée provinciale qui a offert 200$. Soulignons la générosité d’artistes de la municipalité qui ont remis à la bibliothèque des œuvres d’art que l’on peut admirer sur les murs.

Signe que les temps changent, le silence ne fait plus loi à la bibliothèque qui est devenue un lieu de rencontre entre abonnés. Différentes activités culturelles y sont organisées. Mme Nathalie Boutin est responsable de « l’heure du conte », présenté régulièrement le samedi à 13h, pour le plus grand plaisir des enfants. En outre, les élèves de la maternelle à la 6e année viennent régulièrement dans le cadre d’activités scolaires. Enfin, en collaboration avec l’École de l’Étincelle, diverses personnalités du monde des livres sont invitées à rencontrer les élèves comme Bryan Perro, Martine Latulippe, Yvon Brochu. En 2003, M. Laval Marquis y a tenu une exposition remarquable avec ses oiseaux de bois.

Connaissez-vous des bibliothèques qui donnent un sac-cadeau à toutes les nouvelles mamans? Cette initiative permet de leur remettre naturellement un livre, un jouet pour le tout-petit et deux revues pour la mère. Une autre forme d’animation, proposée depuis quelques années par la bibliothèque, est de tenir dans ses locaux une clinique de vaccin pour les enfants. Une très grande promotion sera lancée très prochainement en collaboration avec le Réseau Biblio en vue d’accroître le nombre d’abonnés. Votre journal Au fil de la Boyer soutient à sa façon la bibliothèque en publiant les comptes rendus de lecture préparés par Mme Louise Cantin, en plus de la chronique de Mme Louise Mercier sur les nouveautés, activités et heures d’ouverture.

Si vous voulez comprendre pourquoi Mme Bellavance affirme : «Je suis fière de travailler dans cette bibliothèque», allez y faire une visite, même courte. Vous en sortirez impressionné par le potentiel livresque et les activités régulières qui s’y déroulent. Les suggestions de thèmes de livres, de services et d’activités sont toujours les bienvenues, souligne Mme Bellavance.

 

PAR FRANÇOIS LAJOIE, GIRB

Les projets du GIRB se poursuivent et vont bon train. Après cet été chaud et l’épisode d’algues bleues au lac Saint-Charles, on s’intéresse à ce que chacun peut faire chez soi pour contribuer à la solution comme planter des arbres et arbustes, utiliser des savons sans phosphates et s’assurer de l’étanchéité de sa fosse.

Une rencontre internationale des spécialistes en lac et eau souterraine avait lieu à Montréal en août. Aurons-nous des réponses ou des éléments de solution pour faire face à ce problème qui gagne en importance?

Restauration en amont du bassin

Le projet de mise en valeur de la biodiversité dans la Boyer sud continue. Déjà 48 cahiers du propriétaire de réalisés dans ce sous-bassin comptant 90 fermes. Ces cahiers tracent un portrait clair des enjeux du bassin, des bonnes pratiques et des points à améliorer à la ferme pour restaurer les habitats et la qualité de l’eau de la Boyer. Cet automne, le GIRB réalisera du reprofilage pour stabiliser les berges, d’autres plantations de bandes riveraines et aménagera des seuils (petits déversoirs) pour réduire la vitesse de l’eau et diversifier le milieu. Ces travaux s’ajouteront aux 17 seuils déjà aménagés depuis 2002, aux 24 km de brise-vent et aux 24 km de bande riveraine reboisées. Conscients de leur relation avec le milieu, les producteurs agricoles sont fiers d’être partenaires de ce projet qui s’échelonne jusqu’en 2010, avec les clubs conseil en agroenvironnement de la région, les écoles des environs, la Fondation de la faune du Québec, l’UPA, le Mouvement Desjardins, la Financière agricole, le MMDDEP, le MAPAQ, le MRNF, Environnement Canada, l’Université Laval et de nombreux autres.

Le projet du parc riverain prend forme avec notre stagiaire qui a marché, tracé, rencontré et investigué le parc d’un bout à l’autre. Cet été, le comité s’est réuni plusieurs fois pour parcourir le site et découvrir les richesses de la Boyer. Dans la cour de Saint-Charles, à proximité des écoles, dort un joyau de biodiversité à explorer!

PAR GISÈLE LAMONDE

La Société historique de Bellechasse est fière d’annoncer la parution d’un « très beau livre » dédié à Bellechasse.

Intitulé simplement BELLECHASSE, le livre est consacré à la mise en valeur de l’ensemble des municipalités qui forment le territoire de la MRC de Bellechasse. Il est constitué très majoritairement de photos du photographe Paul St-Arnaud portant sur des éléments du patrimoine bâti, les cœurs de villages, paysages, artistes à l’œuvre et personnages qui ont marqué le développement de Bellechasse.

Une pièce de collection, un merveilleux cadeau à s’offrir, un cadeau à offrir. Le livre, qui compte 192 pages, se vend 53$, auquel il faut ajouter les frais de poste.

Doté d’une couverture cartonnée très rigide, il est imprimé sur papier glacé de haute qualité. Une brève monographie de Bellechasse constitue la première partie et il y a ensuite présentation de chacune des municipalités, suivie des photos du milieu.

Ce volume a été réalisé grâce à l’implication de plusieurs partenaires, dont la MRC de Bellechasse et le Réseau des Caisses Desjardins de Bellechasse, Prévost Car, Poulies Maska, IPL, Meuble Idéal et la Chambre de Commerce de Bellechasse ont également apporté leur soutien.

Le livre est disponible dès maintenant dans tous les bureaux municipaux de la MRC de Bellechasse. À St-Charles, on le trouvera également au garage Gosselin. Son lancement officiel aura lieu le 22 septembre à l’occasion du gala organisé pour célébrer le 25e anniversaire de la MRC de Bellechasse. On peut contacter la Société historique de Bellechasse au (418) 887-3761, ou en envoyant un courriel à gisele.lamonde@globetrotter.net.

PAR PIERRE LEFEBVRE

Si vous n’avez jamais pris le temps de vous arrêter à la galerie-boutique La Fascine, laquelle occupe une magnifique maison victorienne de l’avenue Royale, vous avez raté l’occasion de découvrir un charmant endroit pour visiter des expositions artistiques ou pour acheter des cadeaux originaux à prix fort abordable.

Lors de ma visite, les propriétaires, Christine Boutin et Ginette Lavoie, avaient organisé un vernissage ou inauguration pour leur deuxième exposition estivale. À partir de bois de grève ou échoueries qui se transforment en oiseaux de bord de mer, l’artiste Ariane St-Pierre Cyr réussit à donner une seconde vie à cette matière en laissant flâner et voguer son imaginaire pour notre plus grand plaisir. Certains oiseaux sont ornés d’une pierre, d’un coquillage, d’ossements, de métal, de matériaux recyclés, de plumes ou agrémentés d’une touche de couleur pour les personnaliser davantage. Chaque pièce faite à la main est unique. Cette exposition se poursuivra jusqu’au 30 septembre.

La section Galerie permet d’atteindre un des objectifs retenus par les propriétaires soit d’être un lieu de diffusion pour les artistes en arts visuels et en métiers d’art et pour les artisans et les artisanes. Une place privilégiée est réservée aux créateurs de Bellechasse.

La section Boutique propose des objets cadeaux sélectionnés avec attention et présentés dans un décor champêtre et invitant. Les accessoires de jardins côtoient la vaisselle colorée, les figurines ludiques, les crochets aux finis antiques et bien d’autres trouvailles et trésors pour l’intérieur et le parterre.

Une visite s’impose pour le plaisir des yeux et pour connaître cette ressource qui crée l’histoire, nos créateurs. Et si le cœur vous en dit, Christine se fera un plaisir de vous inviter à visiter ses jardins extérieurs très particuliers.

Que de mots, que de textesRoger Patry (suite)
ROGER PATRY

Les 150 textes que j’ai fournis au journal depuis 20 ans sont réunis dans deux volumes de 290 pages, beaucoup de photos d’époque. Livres d’archives à lire, à conserver ou à donner en cadeau à vos parents, à vos enfants, à votre meilleur(e) ami(e) etc. Livraison gratuite à St-Charles. Pour informations: Téléphoner à Roger Patry 837-0899, 684 des Violettes, Lévis.

Deuxième volume- tome 2

1997 —La famille Frenette était mise en évidence (80) suivie d’un court récit sur la crise des années 1929-39 (81) des débuts du restaurant le Carlais (81) , du passage de Chiniquy dans nos murs (82), de la voirie des années 50 (83), des trésors de l’Église (84), de quelques maisons centenaires du village (85) et de la rencontre avec les patenteux de notre paroisse (86).

1998 — Les élections (87) attiraient l’attention par un récit sur les assemblées contradictoires, une certaine tempête de verglas (88) , la Semaine Sainte de nos aînés (89), une industrie inusitée (90), l’instruction (91), une vente spéciale (92), les forgerons des débuts du 20e siècle (93), nos premiers colons (94), d’une mort tragique (95) et des musiciens de notre paroisse (96) résument cette année.

1999 —Cette année débutait par le récit d’un enterrement spécial (97), suivi de l’histoire de Joseph Lamontagne ancien meunier (98), du mardi gras (99), des Francos-Américians (100), de visiteurs inconnus (101), de la margarine (102), des ramancheurs de notre région (103), d’un retour dans le temps (104) et de quelques observations sur la température à venir (105).

2000 — Nos ancêtres étaient mis en évidence par un récit sur les leveurs de poids de leur jeunesse (106), une réflexion sur Louis Riel (107), il a été question de l’état de nos routes (108), des débuts du papier monnaie (109), de nos naturistes (110), d’une société secrète : La Patente (111), d’un certain déménagement (112), du scapulaire (113), des maquignons (114) et d’un retour aux sources (115).

2001 — L’existence de violoneux d’une famille de chez nous était soulignée (116), suivie d’un article sur Alexis le Trotteur (117), de l’ancienne filature du village (118), d’une certaine renaissance (119), d’un ancien soldat (120), des seigneuries (121), de la criée des âmes (122) et d’une cuillère spéciale (123).

2002 — Le désormais Charolais Champêtre était mis en évidence (124), le souvenir d’un certain caprice de nos ancêtres (125), un oiseau spécial (126), la venue de la tv ne passa pas inaperçue (127) tandis que le souvenir du chauffage de l’église à ses débuts attirait l’attention (128), un produit indien -la patate- prenait la vedette (129) tandis que la maladie d’une certaine fillette nous faisait connaître la dure vie de nos pères et mères (130).

2003 — Une voiture spéciale, l’auto-neige prenait vedette (131), le premier laitier (132), suivi d’un récit sur la misère de nos aïeux (133), les jeteux de sorts ne furent pas oubliés (134), les bohémiens (135) encore moins. Une certaine noirceur devait intriguer nos ancêtres (136). Plus près de nous, quelques babioles en plus (137), la pratique religieuse en perte de vitesse (138) et le mois des morts (139). Un récit sur un animal domestique, le cheval (140) que je livrai en 3 parutions.

2004 —Les débuts de cette année me voyaient parler des corbillards de notre enfance (141). Un texte sur la famille Blanchette prenait la vedette en mai (142). Un texte sur les tireurs de portraits coiffait le 5e numéro (143). Il me fit plaisir de remémorer le passage du docteur Nadeau en nos murs (144). L’été indien (145) et un texte sur les grands-mamans clôturait l’année (146).

2005— Un animal domestique débutait mes récits de l’année(147) suivi d’un texte sur un édifice à conserver (148). Le sport de la Moto Cross fut remémoré (149). Je ne pouvais continuer sans parler de notre cordonnier, Ch. –Eugène (150). Un travail de caricaturiste par nos jeunes (151) plus un texte sur les bateaux-passeurs de nos ancêtres (152). Les barbiers furent soulignés (153), un passe-temps, les stock Car (154). La méprise d’un des nôtres(155).

2006 — Le calcul des heures de nos ancêtres (156) fut le premier sujet de février. La pandémie de 1918, souvenir de guerre (157). Qui ne se souvient pas du village bâti par nos jeunes? (158). Comment voir le temps qu’il fera (159). Bien entendu, les chères vidanges firent partie d’un sujet (160). Une fille qui fit sa marque dans notre région (161). Les Lacordaire, un sujet réel (162). Le mois des morts fut remémoré (163). Décembre voyait l’Enfant Jésus de la crèche de Beaumont disparaître (164).

2007 —Le premier chemin de fer (165). La vaccination de nos aînés (166). Comparaison de vie (167). La Corriveau deux siècles et demi plus tard (l68-169-l70). Que de mots, que de textes…

Concours
Trouvez-moi un nom

PAR
: LES AMI(E)S DU PARC RIVERAIN DE LA BOYER

Lors de la fin de semaine de la pêche au village, un petit poisson coquin vous a indiqué le chemin à suivre pour accéder au site. Ce malicieux poisson à la mine joviale a su bien faire son travail et conséquemment les Ami(e)s du Parc riverain ont décidé de l’adopter. Cependant, ce joli minois n’a pas de nom… et l’appeler simplement « poisson » serait dommage.

Nous avons donc pensé vous demander des suggestions de nom dans le cadre d’un concours. L’heureux gagnant ou gagnante se méritera un chandail du GIRB avec l’effigie de notre ami le poisson et une canne à pêche qui lui seront remis lors de l’ouverture officielle de l’activité de la « Pêche au village 2008 ». Faites travailler vos méninges et faites-nous parvenir votre suggestion de nom par courriel à : parcriverain@girboyer.qc.ca ou par la poste à : GIRB, Concours « Trouvez-moi un nom ? », 671, route Bégin, Saint-Anselme G0R 2N0. Date limite : 16 novembre 2007.

Les suggestions reçues seront inscrites sur notre blogue : http://parcdelaboyer.blogue.ca. Pour plus d’information : 885-4144.

Les résidants des lacs, des citoyens négligés
PAR
PIERRE LEFEBVRE

C’est aux réunions du conseil municipal que j’ai découvert une catégorie de citoyens que je ne connaissais pas, voire même dont j’ignorais l’existence, les résidants des lacs Saint-Charles et Beaumont. Leur situation, tout comme la nature de leurs problèmes diffèrent passablement de celles qui caractérisent les portions urbaines et rurales de notre municipalité. Ces contribuables ont une organisation unique puisqu’ils occupent une enclave privée et sont regroupés en deux associations. En principe, ils sont soumis à la même fiscalité foncière et bénéficient des mêmes droits. La réalité est tout autre.

Afin de mieux comprendre la situation, je me suis hasardé à transgresser les restrictions de circulation pour découvrir un milieu en symbiose avec les lacs et habité par des citoyens négligés par leur administration municipale.

Puisqu’une importante rencontre entre ces personnes et le conseil municipal est prévue le 10 septembre prochain, il est apparu opportun de publier le présent dossier pour tracer le portrait de ce secteur voué à la villégiature, analyser la nature et la qualité des services publics qui y sont dispensés, situer son importance par rapport au reste de la municipalité et décrire les problèmes auxquels ces résidants sont confrontés. Nous examinerons plus particulièrement le cas du lac Saint-Charles dont la problématique semble la plus complexe.

Un développement relativement récent

On l’appelait jadis le lac de l’Église, à cause de la proximité du clocher paroissial, planté à un peu plus d’un kilomètre au sud. Bien enchâssé dans son écrin de tourbières, le lac Saint-Charles a longtemps été peu hospitalier à cause de l’humidité du sol et de l’abondance des moustiques. Au début du siècle, il était beaucoup plus grand car il souffre d’un rétrécissement naturel irréversible. On y accédait par des sentiers rudimentaires pour y faire la chasse (petit et gros gibier, sauvagine) et la pêche (barbotte et perchaude), la cueillette des bleuets, la récolte de la glace pour conserver les aliments et le patinage en hiver.

Au fil des ans, des routes ont été tracées et des chalets ont été implantés au bord du lac. Avec la construction résidentielle, le drainage, les travaux mécaniques, le remplissage et les aménagements extérieurs, l’environnement naturel et les rives y ont été grandement modifiés.

Sur une période d’une centaine d’années, on a vu apparaître les premières constructions sur la rive nord du lac, puis au sud, la formation du Club nautique Borromée en 1959, la construction des premiers chemins d’accès, l’introduction de l’électricité, l’élimination des roches dans le plan d’eau, la reconstruction du barrage de béton en 1967, la crise des fosses septiques et celle des plantations de canneberges et enfin, l’envahissement par les cyanobactéries à l’été 2007.

Le développement s’est intensifié au cours des 20 dernières années, juste après l’ouverture de la route 279, entre Beaumont et St-Charles. Avec l’augmentation du nombre de résidants, la circulation dans le développement Dion et la fréquentation des passages à niveau privés sont devenus plus à problèmes. Il n’est pas rare qu’un convoi du Canadien National obstrue pendant de longues périodes la seule voie d’accès pour les résidants du sud du lac. Une barrière gêne aussi la voie la plus directe vers le village pour les résidants du nord du lac. Ces sérieux problèmes liés à l’accessibilité du territoire sont à l’origine d’un projet de construction d’une nouvelle entrée par la route 279, d’une longueur de 600 mètres.

Une réalité sociologique particulière

Une minorité des résidants du lac sont originaires de Saint-Charles-de-Bellechasse. Ce phénomène est fréquent dans les zones de villégiature qui attirent beaucoup les habitants des grandes villes. Autre particularité, quelque 40% de ces résidants y habitent en permanence, les autres étant des villégiateurs saisonniers. Ces personnes fréquentent peu ou pas les autres résidants du village et des rangs et participent peu aux activités sociales locales : associations, loisirs, sports, bénévolat, etc. Leurs enfants vont à l’école ailleurs et n’utilisent pas les infrastructures sportives : aréna, piscine, terrains de balle, de tennis et de soccer. Ils sont appelés toutefois à payer les mêmes taxes municipales et scolaires.

Alors que la majorité des résidants de St-Charles ont une appartenance historique au territoire municipal, y résident en permanence et souvent y ont leur travail, les résidants du lac viennent ici en situation de loisir, pour se reposer ou pour réaliser des activités de détente. Certes, on en voit plusieurs qui travaillent sur leur terrain, tondent leur gazon ou améliorent leurs bâtiments, mais il s’agit là d’obligations associées au statut de tout propriétaire immobilier.

Plusieurs résidants du lac vivent en fait dans une société fermée; ils n’en ont pas moins développé certains liens de commodité avec le reste de la communauté. Ainsi, on va au village pour son bureau de poste, ses institutions financières, ses services médicaux, son épicerie, ses salons de coiffure, son église, ses quincailleries, ses garages, etc.

Un poids fiscal marginal

Le rôle d’évaluation foncière de la municipalité dénombre 92 chalets et maisons de villégiature, situés en majorité aux lacs Saint-Charles et Beaumont. Les terrains d’une superficie de 319 254 m.c. ont une évaluation de 1 543 000 $ et supportent des bâtiments évalués à 4 076 400$. Au total, la villégiature représente 4,2 % de toutes les valeurs imposables.

Pour des raisons d’équité fiscale, les propriétaires du lac sont soumis aux mêmes taux de taxation que les autres propriétaires immobiliers de la municipalité : taxe générale, taxes pour les immobilisations et investissements, service de la dette, ordures et récupération (151,76$ pour les permanents, la moitié pour les saisonniers) et les eaux usées (75$ pour les permanents, la moitié pour les saisonniers).

La municipalité y perçoit des taxes et redevances totalisant environ 83 000$, dont à peu près 10 000$ pour la cueillette des ordures et quelque 4 800$ pour la vidange des installations septiques qui se fait par la MRC aux deux ou quatre ans, selon que les résidences sont permanentes ou saisonnières.

Bien que ces données soient approximatives, elles indiquent que le poids fiscal de la villégiature est marginale à St-Charles. Signalons cependant que la valeur marchande des chalets tend à s’accroître plus rapidement ces dernières années que celle des résidences privées.

Une gestion privée des infrastructures

Dans le secteur des lacs, les choses ne se passent pas comme ailleurs. Le développement de la villégiature s’y est fait de façon anarchique et non planifiée. Les propriétaires des terres qui s’étendaient jusqu’au lac ont tracé les chemins et subdivisé les terrains pour en vendre des parcelles. C’est ce qui explique que les rues n’ont pas une largeur réglementaire, qu’elles ne sont pas drainées convenablement, que les terrains sont souvent trop petits, qu’on observe de nombreux empiètements et qu’il n’y a pas d’accès public au plan d’eau. Les voies de service appartiennent soit à un regroupement de propriétaires, soit à deux propriétaires majeurs, Safari Coco et Disav. Difficile dans ces conditions d’organiser un service de voirie convenable, car les intérêts privés et communautaires ne vont pas nécessairement de pair.

La construction des bâtiments et l’aménagement des terrains se sont longtemps faits sans trop de contraintes; on en observe encore aujourd’hui les séquelles. La municipalité exerce maintenant un contrôle plus strict en matière d’urbanisme et de protection de l’environnement; les travaux d’agrandissement ou de rénovation, l’aménagement des installations septiques, les marges de recul, le déboisement et l’implantation de bâtiments secondaires sont soumis à des règles plus sévères.

Le Club nautique Borromée regroupe 44 adhérents et concentre son action sur les terrains situés au sud du lac. Il s’occupe de l’entretien des routes, de la gestion du barrage, de l’éclairage des rues, du déneigement, d’une entente avec le CN et même des loisirs. Une cotisation annuelle de 250 $ est exigée aux résidants et de 125 $ aux saisonniers. Des activités communautaires permettent d’amasser d’autres fonds. La municipalité lui verse une subvention de 1 800$ par année pour couvrir une partie des activités de loisir et des primes d’assurance.

L’Association des propriétaires de place Ruel compte 56 membres et exerce ses activités dans la partie nord du lac. Une cotisation annuelle de 10 à 60$ est exigée de chaque propriétaire. La municipalité lui verse une subvention de 1 000$ par année pour ses activités. Cette association ne contribue pas au maintien du barrage qui contrôle le niveau du lac. Au nord, le déneigement est pris en charge par deux groupes de résidants qui déboursent en plus jusqu’à 350$ annuellement. Servi-Neige et un entrepreneur local exécutent ce travail à forfait.

Des besoins propres au lac

Les villégiateurs entretiennent une relation toute particulière avec leur lac qui constitue le principal motif pour s’y établir et pour y vivre. Ils sont préoccupés par la qualité de leur eau et par la possibilité d’y pratiquer des activités récréatives comme la baignade, le nautisme ou la pêche. La vue sur le lac constitue une exigence majeure, contribuant même à la disparition d’une grande partie de la végétation riveraine. Avec toutes les percées visuelles créées et les travaux de soutènement réalisés sur le bord de l’eau, il reste très peu de rivage à l’état naturel.

Les résidants ne partagent cependant pas les mêmes valeurs à l’égard du lac. S’ils souhaitent tous profiter d’un paysage exceptionnel, certains aiment un caractère plus sauvage et paisible, alors que d’autres préfèrent des aménagements similaires à ceux des milieux urbains, incluant souvent une piscine. La majorité des riverains penchent pour cette dernière option car presque partout les arbres ont laissé la place aux patios, à la pelouse et aux espaces de stationnement.

L’utilisation du plan d’eau lui-même met également en rapport des valeurs divergentes. Alors que les uns affectionnent le pédalo, la planche à voile, le ponton, le kayac ou le canot, d’autres s’en donnent à cœur joie avec leur bateau à moteur, voire même leur hydravion. Il en résulte inévitablement des conflits à cause des bruits engendrés et du brassage des eaux qui remet en suspension les sédiments organiques du lac. Il n’est pas facile de satisfaire tout le monde, d’où la nécessité de rechercher des accommodements pour rallier la majorité.

Le traitement des eaux usées prend une grande importance dans ce secteur. La situation n’est pas catastrophique toutefois puisque des corrections importantes ont été apportées par les résidants; une dizaine d’adresses demeurent préoccupantes et des améliorations s’imposent encore. Un chalet utilisé sur une base saisonnière est fréquenté en moyenne une quarantaine de jours par année; on n’y utilise habituellement pas de laveuse, ni de lave-vaisselle, d’où des rejets moindres de phosphates.

Chaque fois qu’un chalet est converti en résidence permanente, la pression sur l’environnement devient alors 20 fois plus grande. L’installation d’une fosse scellée s’impose alors pour les toilettes, en complément d’une fosse avec champ d’épuration pour les eaux de lavage. Alors que les fosses étanches doivent être vidées au moins trois fois par année, les autres systèmes sont souvent inondés quand la nappe phréatique atteint presque la surface du sol. Les charges de phosphore coulent alors inexorablement vers le lac où elles s’ajoutent à celles en place.

Une implication mitigée de la municipalité

Comme pour les autres citoyens, la municipalité dispense aux résidants du lac un ensemble de services de base : évaluation foncière, protection incendie, services de police (là comme ailleurs, on y voit très peu la Sûreté du Québec), loisirs, urbanisme et inspection, et enlèvement des ordures ménagères.

Contraints de payer des taxes ou des tarifs similaires, les résidants du lac ne bénéficient toutefois pas des mêmes services publics que les autres citoyens tels : entretien et amélioration des voies publiques, déneigement, éclairage des rues et des carrefours et ramassage des vidanges en face de la maison. Au lac, les ordures doivent être déposées dans des bacs géants placés à chacun des accès. Ceux qui ont des fosses de rétention doivent les vider à leurs frais jusqu’à 4 fois par année. Une seule vidange gratuite est faite aux deux ans par la MRC, mais paradoxalement, elle coûte plus cher que le service similaire offert par une entreprise spécialisée.

Le statut privé du réseau routier, ses fondations fragiles et son étroitesse, tout comme l’insécurité des passages à niveau ont toujours servi de prétextes pour maintenir une discrimination défavorable aux citoyens du lac. Si ces facteurs constituent un obstacle pour la prise en charge des travaux de voirie, ils ne semblent pas freiner l’intervention des véhicules d’Hydro-Québec, de Telus, des pompiers et des ambulanciers, tout comme le va-et-vient des camions qui vidangent les installations septiques ou effectuent des livraisons.

Des relations peu fructueuses avec les pouvoirs publics

Depuis de nombreuses années, les citoyens du lac viennent à l’hôtel de ville ou à certaines réunions du conseil municipal pour faire part de leurs revendications. Ils sont le plus souvent considérés comme d’éternels quémandeurs, malgré l’iniquité dont ils sont l’objet. Les différentes administrations

ont toujours été réticentes à fournir des services standards au lac Saint-Charles, le considérant comme un domaine privé. Il s’ensuit un sentiment de frustration et d’incompréhension qui exacerbe les relations entre ces citoyens et les élus.

Même Poste Canada offre un service inadapté aux citoyens du lac. Alors que les résidants du secteur rural reçoivent leur courrier à la porte, ceux des lacs doivent en prendre livraison au Bureau de poste. Cette situation convient peut-être aux résidants du secteur urbain, mais elle s’avère fort dérangeante pour les villégiateurs qui doivent parcourir de nombreux kilomètres pour cueillir leur courrier. Pourquoi leur refuse-t-on l’installation de casiers postaux à l’intérieur du territoire?

Une problématique environnementale nouvelle

La municipalité a commandé une étude en 2006 au Groupe hémisphères pour mieux caractériser le milieu naturel des lacs Beaumont et Saint-Charles. Votre journal Au fil de La Boyer a publié en mai dernier un résumé vulgarisé du rapport remis en mars 2007.

Les analyses d’eau effectuées au lac Saint-Charles montrent des épisodes de concentration élevée de phosphore; on y observe aussi une croissance excessive d’algues et de plantes, en plus d’une détérioration de la vie aquatique. Le nombre de coliformes fécaux classe toutefois ce lac dans la catégorie A pour la baignade. Ceci laisse supposer que les sources potentielles de contamination y sont contrôlées, sans pour autant être tout à fait satisfaisantes.

Ce rapport démontre de plus que les secteurs visés par le développement au nord comme au sud ont une ou plusieurs caractéristiques des milieux humides. Puisqu’il a été drainé et que la qualité des sols permet minimalement la construction de nouvelles installations septiques, seul le secteur sud du lac pourrait néanmoins être consolidé avec de nouvelles résidences, mais en concentrations négligeables. Pour le moment, aucune nouvelle construction n’est autorisée et le pourtour du lac semble avoir atteint, sinon dépassé sa capacité de charge.

Les résultats conjugués du vieillissement du lac et de la modélisation du phosphore démontrent que des actions préventives sont essentielles, si on veut éviter que le lac devienne impropre à toutes activités. Les auteurs du rapport ont élaboré deux groupes de recommandations visant à améliorer le traitement des eaux usées pour réduire les apports en phosphore et à protéger l’état des lacs pour freiner leur dégradation. Aucun plan d’action n’a encore été élaboré pour réaliser ces recommandations, bien que certains propriétaires aient déjà pris des initiatives en ce sens.

En juillet 2007, le gouvernement a confirmé que les échantillons d’eau prélevés dans le lac le 27 juillet 2007 contiennent pour la première fois des cyanobactéries (algues bleu-vert) en grande quantité. Ceci entraîne des limitations sévères aux différents usages de l’eau. De façon évidente, l’eau affichait au début d’août une consistance et une couleur semblables à celles de la soupe aux pois. Inutile de décrire le désarroi des villégiateurs et le sentiment d’urgence qui caractérise le besoin d’intervenir pour sauver le lac.

En plus des problèmes reliés à la qualité de l’eau, les résidants déplorent que le lac reçoive moins d’eau depuis quelques années, suite aux travaux de drainage ou de détournement effectués. La mauvaise gestion du barrage est aussi pointée du doigt; la matière organique ne cesse de s’y accumuler et le débit y est presque nul en période d’étiage, signe que l’eau du lac Saint-Charles ne se renouvelle pas suffisamment. Il serait important de rétablir les conditions hydrauliques qui prévalaient avant les travaux de drainage effectués et avant la construction de la route 279.

Concertation nécessaire

Nous l’avons vu précédemment, un grand nombre d’intervenants jouent un rôle plus ou moins déterminant dans la gestion du lac : une centaine de propriétaires riverains, dont certains contrôlent de vastes superficies de terrain et entretiennent des velléités de développement, deux associations de propriétaires, le Canadien National, la municipalité, la MRC et le gouvernement.

Actuellement, aucun mécanisme de concertation n’assure que la gestion du lac se fasse de façon satisfaisante pour le milieu et pour les citoyens concernés. Le refus de la municipalité de s’impliquer davantage, voire même de normaliser la qualité des services offerts sur le territoire, tout comme le maintien d’une barrière qui interdit la circulation entre les deux portions du lac Saint-Charles montrent jusqu’à quel point la situation est devenue ridicule et fondamentalement injuste.

Vers un plan d’action

Personne ne conteste que la situation décrite plus haut ne peut plus durer. La réunion du 10 septembre prochain constitue une occasion d’effectuer un nouveau départ, plus constructif et définitivement orienté vers l’avenir.

Il est étonnant de constater que la majorité des élus municipaux continuent de s’opposer aux revendications des villégiateurs. Les résidants semblent encore loin d’un consensus sur les enjeux qui les opposent, comme la libre circulation sur le réseau routier, la renaturalisation des berges et le contrôle des embarcations.

Un plan d’action s’impose pour étaler dans le temps les nombreux chantiers qui seront nécessaires pour corriger la situation; engendrés sur une centaine d’années, les problèmes ne sauraient être réglés du jour au lendemain. On pense notamment à la municipalisation du réseau routier et de son entretien, à la construction d’un nouvel accès, au resserrement de la réglementation pour protéger la qualité de l’eau et stabiliser la dégradation du lac, à la normalisation des services de cueillette des ordures et de vidange des fosses septiques, à un élargissement raisonnable des rues, à la municipalisation du barrage et du réseau d’éclairage, à l’aménagement d’accès publics au lac, à l’ouverture du territoire aux autres citoyens de St-Charles et visiteurs de l’extérieur, etc. Le 10 septembre sera-t-il l’occasion d’effectuer un changement de cap historique?

 

PAR PIERRE LEFEBVRE

La glacière historique de St-Charles a été remplie de sable après avoir fait l’objet de fouilles archéologiques intensives au début de l’été. Cette précaution s’est avérée nécessaire pour éviter que le gel ne détériore ce qui reste de maçonnerie et pour assurer la sécurité des visiteurs. Il faudra attendre à l’hiver prochain pour la publication du rapport de l’archéologue Louis-Philippe Picard qui y décrira les résultats de ses recherches. La balle est maintenant dans le camp des citoyens de St-Charles pour élaborer un projet de mise en valeur du site et de diffusion des connaissances acquises auprès de l’ensemble de la population québécoise. Cette initiative pourra être mise de l’avant dans le cadre du futur Parc riverain de la rivière Boyer.

Le plaisir de lireLouise Cantin
LOUISE CANTIN

BOURGUIGNON, Stéphane

Sonde ton cœur, Laurie Rivers

Québec/Amérique, 2006, 179p. (roman) Cote : 4/5

Swan Valley, Idaho, petit village de 213 personnes, l’endroit où l’institutrice Laurie Rivers enseigne à des jeunes de niveau secondaire. Elle se prend d’affection pour une jeune fille, Alice, qui arrive dans ce milieu. Elle est obèse et se sent marginale. Laurie décide de l’aider à perdre du poids. En introduisant ce nouveau concept de bien manger pour être mieux dans sa peau et en faisant de l’exercice, ce programme va devenir de plus en plus utilisé par d’autres écoles. Mais la mère d’Alice ne l’entend pas de cette façon et trouve que sa fille n’est pas si obèse et la veut en très bonne santé. Laurie a décidé de s’investir dans cette activité pour essayer d’oublier des problèmes personnels, surtout sa vie de couple qui ne fonctionne pas aussi bien qu’elle le voudrait et son passé avec sa mère. Stéphane Bourguignon montre la difficulté de communication de l’humain avec les autres et les conflits que ça peut occasionner. Très bon roman de Bourguignon dont les livres sont toujours intéressants tels: Un peu de fatigue, L’Avaleur de sable et Le Principe du Geyser,